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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 14:19

La peau.

Graver sur la peau de la ville et des arbres les amours, les désirs et les promesses. Pour que bien après, quand l'amour est consumé, le désir assouvi et les promesses trahis... il reste une trace.

Ils avaient tracés comme tous les amoureux du monde un coeur et à l'intérieur leurs initiales avec un plus et un égal comme une équation mathématique... Et le mot LOVE parce qu'en anglais l'amour quand on a onze ans, ça a plus de classe, tout de même. Ils l'avaient gravé sur le bois des bancs, tracés au blanco sur les bureaux, peint sur les murs des toilettes au marqueur... Il l'avaient gravé au canif sur le platane de la cour... Et ils se l'étaient tatoué sur la peau au stylo bille bleu.

Elle avait bien essayé de le faire avec l'encre de chine du cours de dessin et l'aiguille de sa mère dérobée dans la boite à couture et stérilisé au briquet. Mais ça faisait vraiment trop mal alors il ne restait qu'un petit trait, presque un point sur le bras gauche de ce qui aurait du être une lettre. ça tombait plutôt bien parce qu'après lui, il y en avait eu d'autres et sans être des centaines si elle avait du porter la première lettre de tous les gars qu'elle avait aimé il y en aurait quelques unes.

Le savon le premier avait eu raison du stylo, les bancs en bois avaient été remplacé par ceux en métal, le blanco des tables gratté ou recouvert par les générations de collégiens suivantes, le murs des toilettes nettoyé avec un produit suffisament toxique pour faire partir le marqueur...

A part dans les souvenirs, il ne restait de leur idylle qu'une trace sur un platane. Années après années l'arbre avait trasformé la blessure, son écorce avait intégré les lettres, le coeur, le signe plus, le signe égale. Il gardait leur amour en lui, le modifiant peu et lentement... Il est vrai que les hommes et les arbres n'ont pas le même rythme.

Presque vingt ans pour elle était passé, un battement de feuille dans le coeur de l'arbre. Il y avait eu des saisons succédant aux saisons et il y en aurait encore tant pour Lui qu'à peine cela comptait...

Elle était revenue dans la cour accompagner sa fille à elle, pour le premier jour de la rentrée. La petite regarderait-elle cette trace du passé? Imaginerait-elle sa mère presque au même âge, amoureuse d'un autre que son père? Allait-elle tracer elle aussi son initiale et celle d'un inconnu à l'intérieur d'un coeur?

Elle caressa la peau témoin de son passé. Une caresse légère comme le vent, furtive... Elle ne voulait pas être surprise, devinée par les autres parents. Elle se dépécha de partir, émue. Elle avait tant chagée. Que restait il d'elle à onze ans dans celle q'elle était devenue aujord'hui?

Rien.

Pas grand chose...

La trace sur la peau d'un arbre qu'elle avait été amoureuse.

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 19:37

Il y a des synchronicités féroces et d'autres qui prêtent à rire.

Des synchronicités qui ouvrent les yeux même quand on les ferment. Surtout peut être quand on les ferment.

Il y va des symboles comme du reste. Il y en, a pour soi, d'autres à partager comme un thé au caramel beurre salé.

Il y a des synchronicités qui s'emboitent comme des poupées russes... Bien que je n'ai pas encore trouvée la dernière poupée : celle qui ne s'ouvre pas... Quand je crois la saisir, toujours son mystère m'échappe et s'ouvre encore sur un inconnu plus vaste et pourtant plus petit... Oxymore à la russe : une minuscule grandeur... qui marche aussi dans l'autre sens une grandeur minuscle... Comme ce symbole de ma royauté que j'affiche frontalement alors que mes frontières sont bien humbles : moi même... Et encore une bonne partie de mon royaume que j'explore chaque jour et dévolie parfois ici parfois est noté terra inconita. 

J'use et abuse des points... En suspension ou l'un sur l'autre ils délimitent les contours flous d'une pensées en mouvement. Sèment sur le chemin de petites respirations salutaires au clair de lune.
Tempérence glaÏeul et dafinelle vision. Le monde est une forêt de symbole où l'homme passe... Baudelaire chante et les sons s'y repondent...
L'homme au torse nu et la licorne... La femme de dos sous la lune, la mousse ou s'endorment les rêves et la rivière vivifiante qui les chante.

Black out. Le lieu où je dépose mes mots s'éteint. J'hurle, j'ai besoin du chemin des mots pour me retrouver. Pour témoigner du passage. Je m'écoute à peine dire quand je tape au rythme de ma pensée, j'ai besoin de relire pour en surprendre la profondeur.

Je sais enfin que je n'ai rien perdu dans la brume. Ils sont demeurés à l'abri dans un repli de toile.   

J'écris sur le Mystère et les symboles qui mènent aux questions, aux réponses parfois... Au chemin.

Le monde brule dans la paume de ma main, mes doigts iradient d'un inommable inommé qui parfois prends forme.

Fragilité de la pensée. Fulgurance.

Errance à l'intérieur de soi. 

Pour toi mon amie, pour nous, pour moi...

Ecrire sur une lame.

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 15:43

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Les lundi. Ces jours où ma petite est à l'école et où je ne travaille pas. Comme une respiration. J'ai trié 775 photos en attente depuis octobre. Ballayé et lavé mon sol et une bonne partie de mon âme. Je me retrouve et me retrouvant je retrouve le gout de me dire.

Ce matin j'ai volé du temps à l'institution de la république... Prêt d'une heure où elle a dormi. Fierté.

Mes oreilles se sont mis en mode silence. J'entends à l'intereiur de moi mais  je dois faire répéter le reste du monde.

J'investi une bonne partie de mon énérgie a essayé d'être une assez bonne mère avec des moments de grand découragement... Je pense que "il n'y a pas de parents parfait", le prochain livre de Filliozat sur ma table de nuit et moi allons bien nous entendre.

J'apprends un nouveau métier qui est la somme de mes anciens mais qui me demande une grande vigilance. Je suis payé pour lire des histoires aux enfants, jouer et coudre... J'y vais en trotinette, vingt minutes au bord de l'eau à contempler les paysages d'automne, à saluer un saule pleureur et regarder émerveillée les cormorants pêcher. Au coeur de la cité la plus chaude de ma ville déjà mal réputée je me frotte à une chaleur humaine, une bienveillance qui fait mentir sa réputation.

Je laisse trainer des papiers urgant faute d'avoir les administrations réactives qui me fournissent les documents qu'attendent d'autres administrations.

Je pense très fort à "la maison qui rends fou" et prends patience en attendant que tous l'argent qui me rendra riche se débloque!

 

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 18:22

En ce moment je me remets à la photo. J'ai relancé une fiche sur focale31 dans mon nouveau département et je réponds à beaucoup de photographes. La pluspart ont des projets assez classiques. Certains sont plus originaux. Comme je pose depuis un moment déjà et que j'ai réalisé quasiment toutes mes envies photographiques, je sers donc de matière première aux envies des autres. 

Je négocie donc un échange avec défaiment. Certains photographes sont relativement aisé et accepte ceux que je leur propose, d'autres le sont moins j'essaye donc de m'adpter pour que chacuns puisse respecter ses besoins. J'adore négocier ça en cnv, ouvrire un porte qui respecte les besoin de chacun, déplacer l'échange ailleurs que sur le terrain financier.

 

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 10:59
Le poste suivant est celui d'une maman (moi) stressée (à peine, d'ailleurs tout est sous contrôle j'ai fais mes vitres, plié mon linge et lancé un lave vaisselle, appelé ma propre maman qui avait son cour de chant (mais qui a pris 30 minutes pour m'entendre me plaindre (merci maman), mon mari qui avait un cours à donner (j'ai laissé un message sur son répondeur), ma meilleure amie qui était chez le dentiste, mon frère qui est marié avec (qui a pris 10 minute pour m'écouter me plaindre avant d'aller la chercher), sans doute 40 minutes de jérimendes totale n'étaient pas suffisantes et un poste sur FB et c'est pour ça que vous allez y avoir droit aussi ici...) C'est une (encore) première fois d'enfant (rassurez vous y'aura pas de photo). Vous êtes prévenus que ceux que ça va faire chier ailles lire ailleurs (je suis pas en mode CNV).
Ma fille, à moi, 5 ans va avec sa copine et la mère de celle-ci aller au Mac Do et au parc tout cet après midi... Sans moi. Je ne la voit pas avant 16 heures! Je crois qu'elle commence à gérer la séparation à l'école et qu'elle l'applique au reste. Je suis contente pour elle, fière, et stressée... Mais je gère, non?
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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 11:51

ça y est. Nous nous sommes posés.

 

Nous avons aménagé. Ouvert la majorité des cartons essentiels.

Roi Noir a repris le travail, Lutine a commencé l'école avec un maître qui pratique la pédagogie Frenet et moi je suis en attente de la réponse de la préfecture pour commencer à mon tour au poste de ludothéquaire (médiatrice socio culturelle).

 

En attendant je déballe le reste des cartons et assiste à des numéros hallucinants dans les divers administrations. A la mairie pour inscrire Lutine, après une attente de 4 heures (quatre heures Oo,) il m'ont dit de m'armer de patience pour la caf et la préfecture. Je n'ai pas encore gouté la pref mais la caf c'était pire même si j'y ai attendu "seulement" trois heures... Y'a quand même le matin un type qui en tapant sur le vigile hurlait "arretez de me frapper je suis vieux et malade". Si j'avais pas été au premier rang, en mesure de voir la scène j'aurais cru que ce pauvre vigil roué de coup dans sa tantative pour le contenir était un vrai bourreau. Le vieux lui a même arraché sa fausse cravate! Je n'ose immaginer s'il en avait porté une qui se décroche pas... L'après midi (oui on ne change pas une équipe qui gagne j'ai du y retourner pour fournir le rib que je n'avais pas pensé à prendre) un mec a tenté d'étrangler une femme enceinte de 7 mois. Pour ressituer la caf de Saint Denis c'est une truc immence tellement bondé qu'un quart d'heure après l'ouverture quand je suis arrivé les vigils avait enfermé à clé tout le monde à l'interieur et la queue à l'extérieur faisait 20 mètres! Le temps que je m'en étonne auprès de ma voisine (trois minutes max) elle était passé à 30 mètres. (d'où les trois heures d'attente!) Bref tout le monde debout à piétiner. Les vigiles qui ouvrent et font rentrer toute les dix minutes quelques personnes.

 

Aujourd'hui je me suis intallée dans mon jardin (j'adore dire ça, dans. mon. jardin.) et je regarde pousser les radis que j'ai planté le deuxième jour avant d'ouvrir les catrons... On choisi les priorité qu'on veut non? Ils sont beaux et arrosé par la bruine qui tombe entre deux éclaircis depuis quelques jours.

 

Voilà un article loin d'être vital mais qui a juste pour vocation de laisser une trace du passage.

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 20:22

Ce blog inactif qui peut être reprendra une activité...

Au moins 45 jours de silence

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 20:36

Tradition familliale, depuis mes 18 ans je donnes mon sang. Comme j'en suis à 34 (oui j'ai pas encore atteint le temps où je n'avoue mon âge que sous la contrainte) ça fait 16 ans de dons plus ou moins réguliers.

16 ans que je fais ma princesse d'abord parce que j'étais obligée de tricher sur mon poids (avec ma Lutine y'a longtemps que je ne suis pas obligée de me rajouter un kilo supplémentaire)... Ensuite parce que dans bon nombre de don je me retrouve évanouie par terre ou sur le brancard quand j'ai eu le temps d'y revenir...

Aujourd'hui il pleuvait. Le camion était vide. J'avais pour moi le public entier du docteur au infirmiers.

Un médecin qui faisait le joli coeur, bronzé, parce qu'il rentre du ski, mais de toutes façons il est naturelement mat. 

Une infirmière douce, qui lisait Hay et voulait transformer sa vie parce que le prince charmant qu'on lui avait promis petite fille tardait à venir. 

L'infirmier (?) trentenaire, mal rasé qui voulait prendre sa retraite parce qu'il cumulait plusieurs jobs.

L'infirmier légerement efféminé qui me rappelait mon prof preféré.

Le type du gouter qui a rempli pour ma lutine un sac de douceurs.

Bref tout le camion et moi Princesse de mon état qui faisait ma belle.

A chaque fois que je disais Princesse, le médecin m'avait branché sur mon diadème, il me repondait, ne connaissant vraisemblabement que l'Endormie, "7 nains"... ça donnait des dialogues suréalistes.

Me sachant propice aux mal des princesses et en l'absence de Roi Noir pour me rattraper je prends mon temps avec ma liseuse, mes bavardages pour me lever...

Je sors du camion, fait trois pas, sens ma veine faire une boule (respectant peu les consignes je peine à garder 2 heures un truc qui m'étouffe le bras) je retourne au camion.

Re alongée pour une partie de jambes à l'air tout sauf toride. Une fois encore je leur joue le coup de la princesse et je ne les entends plus au sens propre.

En fois sortie du camion mon inconscient l'air de rien met en parallèle une phrase du médecin et me balance que si je donne mon sang (j'ai commencé par écrire sens) alors que je réagie assez mal la plus part du temps c'est sans doute parce que pour moi faire ma belle est plus important que le déagrément.

Malbrel nous avait bien dit que nul n'est généreux gratuitement, que l'altruisme est la forme la plus sophiostiquée de l'égoisme.

Alors voilà deux bonnes raisons pour donner son sang ; se mettre en scène dans le rôle de l'héroine sacrifiée au nom de la générosité et les petits gâteaux à la fin!

PS Petit Inconscient chéri, maintenant que t'as balancé la sauce dans le conscient je vais me débrouiller pour faire mon interessante autrement, te sens plus obligé de m'envoyer un malaise vaguial, merci... 

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 16:19

Ma meilleure amie m'ayant offert l'Univers je me roule dans les mots des autres. J'ouvre un e book le refermerme. Juste pour le plaisir d'humer les mots. Et s'il manque l'odeur du papier, la sensation de richesse est là.

De Terry Pratchett, et sans grande originalité puisque wiki vient de m'apprendre quaprès J K Rowling c'est le deuxieme auteur vivant le plus apprécié, je suis fan.

Il me fait rire, rêver, penser. Quand je lis ses mots je comprends Jung et son inconscient collectif. Ses archetypes viennent me chercher au coeur de moi même y extraire des bribes de Carrotte et de mémé Cirdutemps, un brin de Nounou... Je me vie et rie de mes personnages.

Je viens de lire avec délice des petites perles que je n'avais jamais lue... Dans ce collier de mots où la majorité des choses qu'il a écrite sont relues et, certaines comme de Bons présages quatre ou cinq fois, je ne compte plus, je viens de découvrir : Drame de Troll, La Mort et après?, Reformorphose, Théatre de la cruauté et le plus savouvreu de tous la mer et les petits poissons avec mémé, Mémé!!!

Pratchett Power!

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 20:39

Les habits sont ôtés avec plus ou moins de hâte selon l'intensité du besoin. Nue. L'air sur la peau. Et ce changement radical d'élément quand le corps glisse dans l'eau. La chaleur humide, régénérante.

Dans les films surement par pudeur,  presque toujours de la mousse. 

L'incomparable pureté de l'eau suffit. 

Inutile de mettre de la musique. Le bain est un espace de silence. Glisser les oreilles dans l'eau et s'entendre respirer. Presque l'impression d'entendre son cœur battre. Les bruits de l’extérieure deviennent lointain. Le rugissement de l'eau qui coule, son fracas s'est assourdi en utilisant la pomme de douche pour que l'eau jaillisse à l’intérieur d'elle même. Puis, enfin, grâce à une technique soigneusement rodée par de longues années de pratique : la pointe du pied gauche est sortie un bref instant pour appuyer et fermer l'eau, le silence. Le petit "poap" des oreilles qui retrouvent leur acuité quand on ressort. La joie de retrouver en ouvrant les yeux sous l'eau la rondeur floue des lumières de la myopie. Dans le bain un peu de cet joie de se balader sous la pluie sans lunettes dans mon autrefois.

Les cheveux sont des algues qui flottent en trois dimensions. Sortir et dans le ruissellement les remettre en deux dimensions plaqués sur les épaules et cachant les seins. Se sentir sirène.

Le raffinement des pétales de roses est beaucoup moins romantique quand il faut les ramasser pour éviter de boucher la baignoire. L’exquis parfum des boules colorés ou de l'huile essentiels ne convient qu'au dernier jour avant de la laver. L'eau pure, elle, est pour cette méditation quotidienne, ce rendez vous de soi-même à soi-même, où comme en rêve les choses de la journée s'ordonnent et trouvent place. Le vécu se réaménage dans cet espace régressif et exigu qu'est une baignoire. Un temps pour ne rien faire, qu’habiter l'espace. Pas même souffler l'air et faire des bulles avec un bruit de plongeur. Pas encore.

Le mythe de la bougie convient peut être à ceux qui n'y lisent pas... Mais l'enchantement d'un bon livre est trop irrésistible.  Si la lecture est passionnante et que trop de minutes se sont écoulées la pointe de pied pourra ressortir et remettre un peu de chaud, dans l'univers refroidi. Si le livre est trop prenant et que les orteils deviennent fripés elle pourra y revenir encore plusieurs fois. Et puis le livre touchant à sa fin où la fin étant trop lointaine, se résigner à se laver, prétexte, pourtant essentiel que cet ablution. Étrange est la répugnance à mettre les mains sèches d'avoir tenues le livre dans l'eau tiédie. Premier savon l'eau qui se trouble. Avec l'eau qui devient de plus en plus sale se sentir de plus en plus propre.

Parfois accueillir avec soi Un autre.

Intime.

Son amour. Même s'il y est des lieux plus pratique qu'une baignoire pour deux corps adultes qui veulent se retrouver. Charme d'un exotisme inconfortable d'où peuvent naitre des pépites de plaisirs.

Parfois aussi, d'autant plus souvent qu'ils sont petits. Son enfant. Être dans la même eau. Partager le même bain...Prolonger la sensation de partager encore le même corps. l'espace devient moins confortable, le silence s'enfuit et pourtant gagne le bain en charme. Les conversations dans l'eau d'une baignoire sont sérieuses, habitées, philosophiques.

Les genoux émergeant servent de montagnes à des dinosaures. Rideau tiré, on s'éclabousse avec des gloussements qui nous feraient froncer les sourcils si on n'était pas au centre de la bataille.

Sortir. Attraper la serviette en laissant une trace mouillée de la main sur le comptoir. Se sécher. D'abord le visage. Essorer une première fois ses cheveux. Frotter la serviette sur sa peau, la laver une deuxième fois en débarrassant ses peaux mortes. Faire ou ne pas faire des traces sur le tapis. Les deux ont leur charme. L'équilibre du corps encore debout dans l'eau pour sécher un pied après l'autre sans faire glisser ni tremper la serviette. Ou bien sortir comme une barbare, et contempler deux belles traces de soi.

Se sentir légère de corps et d'esprit. La fatigue est restée dans l'eau troublée du bain.

Parachever le rituel en entourant la serviette autours des cheveux qui sans ça gouttent dans le dos.

Parfois aussi dans les jours froids de l'hiver proposer ce rafinement ultime à l'autre rester dans l'eau : faire chauffer sa serviette au micronde.

 

En hommage à Philippe Delerme

 

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