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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 00:11

LOTUS

Quand j'étais petite il y avait les repas de familles. Les michoui oragnisés au mas. Des fêtes où nous étions ensemble et où les adultes d'un accord tacite fesaient taires leur différents. A notre échelle d'enfant nous faisons la même chose je me souviens avoir dit à ma cousine E. "ce soir on fait la paix. Mais juste pour ce soir, après on est toujours énemies."Je ne me souviens pas pourquoi nous étions énemies jurées.

Je ne crois pas que se soit particulier à ma famille, mais il semble qu'il y ait une sorte de trève pour incinérer les morts En frottant mes joues pour trois baisers rapides contre celles de celui qui a été comme mon grand-père pendant des années, j'ai pris conscience de l'exisence de cet espace définit par le rituel.

L'ampleur aussi du choc que ça a du être quand nous avons brisé cette trève en partant prématurément de l'enterrement de ma grand mère.

En arrivant en avance à cette cerémonie-ci, j'ai vu aussi ce que nous avions manqué à l'autre. La chaleur du tissu humain solidaire dans leur souffrance. Même si avec la petite nous n'avions pas réussi à faire autrement, j'ai pu toucher du doigt, comprendre ce qui avait manqué, comprendre les repproches qui nous ont été fait par la suite.

Partir pour ne pas confronter A. était assez paradoxale pour des personnes autant dans la communication que nous. Même si on avait les meilleurs arguments : ne pas agraver les souffrance d'un homme qui venait de perdre sa compagne, ne pas subir d'agression alors que nous étions nous même fragilisé par la perte.

J'ai réalisé avec la mort de JL que quoi que j'en ai dit, les liens du sang ne sont pas aisés à dissoudre.

Je suis de trois cultures. Celle de ma mère en rupture avec la sienne et en plus traumatisé d'avoir gardé comme seule image de son grand père celle de son cadavre. Celle de mon père où on tait les émotions, même si lui aussi est en rupture avec cette culture là. Et celle de bric et de broc que j'ai assemblé autours de moi.

Je n'ai pas l'alibi d'être une étrangère et pourtant je suis désarmée par les codes de la terre où je suis née. La cérémonie des bisous sur les joues, même quand on est en froid avec une personne qu'on a pas du tout envie de toucher reste un mystère.

 

J'ai aimé la simplicité de cette cérémonie non réligieuse. Deux chansons, une poigné de pétal, un discourt juste. Pas de mensonges sur le défunt. Quelques mots sur le pourquoi on est là, quelques autres sur le comment. Nous ne rentrions pas tous dans la petite salle, j'étais la première de ceux qui sont restés dehors. J'entendais, mais je voyais peu de choses. Une place qui m'allait bien symboliquement. Juste en périférie de sa mort comme je l'étais de sa vie.

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Published by Dame_Blanche - dans Les gens que j'aime
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commentaires

tite soeur 12/11/2011 01:10



merci ma soeur d'avoir su retranscrire se que je n'est fais que penser un peu en brouillon dans ma tete, sa fais du bien de te lire comme a chaque fois. Je
t'aime tite soeur.