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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 20:10

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Dès qu'on nait on est assez vieux pour mourir avait dit ma prof de philo. Et cette phrase avait raisonnée en moi, j'en sens encore les échos. Dès qu'on vit on est assez vieux pour mourrir, Madame. Parce que la mort touche même l'enfant à naître et la date de mort peut précéder celle de la naissance.

 

Perdre un être que l'on aime est douloureux. Quand la mort touche un enfant dans notre société c'est presque insurmontable... D'ailleurs si quelqun le surmonte, tout comme si l'on se remet d'un viole c'est presque louche. Il fut un temps pas si loin où les femmes et les enfants risquaient leur vie à chaque mise au monde. Ici et aujourd'hui avec les progrès de la médecine c'est devenu très rare.

 

Il n'y a pas de mot pour décrire la perte d'un enfant chante Linda Lemay. Quand on pert un parent on est orphelin, quand on perd une compagne ou un compagnon on est veuf, quand on perd un enfant on est rien. Un néant englouti inommable et inommé.

 

Il y a ces petits riens qui sautent en marche, ça a un nom, ça s'appelle une fausse couche. Parce qu'il y aurait des vrais couches? Quelle douleur à le droit de se dire si même le mot déclare "faux", la "chose"? A t on seulement le droit d'avoir mal? Et ces enfants qui ne savent pas s'il sont les deuxièmes ou les premiers, parce qu'un autre est né avant eux. L'enfant de la fausse couche est un fantôme. De fait, c'est souvent la seule place qui lui revient. Il n'est plus là. Il n'a pas eu de nom, pas eu de rite pour le faire entrer ni sortir de l'humanité. Le non être de son ombre s'étend sur les suivants.Des phrases convenues qui font saigner plus surement qu'un coup de couteau "t'es jeune, t'en aura d'autre" Déni mortifère ce celui qui est passé et qu'on a à peine le droit de pleurer.

 

Il y a ces "pas encore enfant" que la loi autorise à tuer parce que le ventre qui les porte n'en veut pas, et que la médecine décroche. ça a un nom. L'avortement. A partir de quand est ton humain? Cette question est tellement compliqué que selon les pays cette humanité  est aquise à différentes semaines. Je suis pour l'avortement dans la mesure où l'interdire revient à le faire passer dans la clandestinité, à mettre en danger les femmes. Mais j'ai vu beaucoup de femme dix, vingt ans après avec la cicatrice de ce petit être au fond d'elle.Faire le deuil de ce qu'on a pas voulu, quand ce qu'on a pas voulu est un enfant reste très compliqué.

 

Il y a ces petits êtres qui vivront pas, ou alors si peu qu'on propose l'avortement thérapeutique. Ils sont porteurs de malformations létales. Et jusqu'à y'a pas longtemps je n'imaginai même pas une autre voie, une autre alternative à l'horreur impensable de porter la mort d'un enfant à naître agonisant. Et puis en quelques livres* c'est dessiné pour moi un chemin nouveau et beaucoup plus pensable. L'accompagnement jusqu'au bout, jusqu'à leur bout. Le témoignage de ce couple qui est parti en voyage pendant la grossesse pour vivre avec leur enfant une expérience. Le récit de ses quelques heures quelques jours, quelques semaines parfois que les parents passent avec leur "Ange", la chaire de leur chaire le sang de leur sang. L'enfant qui entre pour une seconde ou plus dans l'humanité vive. L'enfant qui porte un nom, qu'on prend en photo, qu'on entoure d'amour et de caresses avant de le laisser partir ,comme en témoigne John Wyatt. La douleur de la perte est intense, un gouffre. Mais fait on vraiment l'économie de cette douleur quand on abrège artificielement leurs vies? Et cette phrase à propos de l'un de ces enfants là "Christopher n'aura pas grandit, mais il aura aidé les autres à grandir".

 

Il y a des plus grands qui meurent trop petits.

 

Cet adolescent avec une spiritualité patchwork (comme beaucoup d'entre nous au demeurant)... A ces parents chrétiens qui désepérait de ne pas le voir rejoindre la religion il a fait passé ce message... Je suis comme un radeau que je construisais plus jeune, je vais dériver doucement jusqu'à être hors de vu, je vais vous attendre, comme pendant les randonnées dans les Alpes, vous vous inquiétez, mais je ne serai pas parti, j'aurai seulement un peu d'avance.

 

L'année dernière Mathias Schell m'avait touché en explicant le concept de séadation. Pour adoucir les fins de vies, et parce que ce qui est supportable peut d'un insant à l'autre devenir insupportable il pose des pompes à sédation que les ados gèrent eux même, à leur convenance.

 

Cette année il nous parlait de la vision de la mort chez l'enfant. Il nous expliquait notre décalage d'adulte. Et faisait cette reflexion qui dans ses implications m'a chamboulé. En temps qu'adulte il nous est plus facile de concevoir qu'un enfant veuille faire quelque chose d'extraordinaire avant de mourrir : nager avec les dauphins, renconter son idole, faire un voyage en hélico que de répondre à une demande inscrite dans le quotidien comme retourner à l'école.

Peut être, que nous adultes nous nous sentons tellement impuissant face à la mort d'un enfant que remuer ciel et terre pour lui faire vivre un rêve, quelque en soit le prix, voir plus le prix est élevé nous donne t il le sentiment de controler, l'illusion de pouvoir faire quelque chose, une chose à nous raccrocher au moment de la perte... Au moins il a vécu son rêve.  Alors que le fait d'inscrire dans le quotidien scolaire nous renvoie au gouffre d'un avenir qu'il n'aura pas même, s'il travaille bien.

 

A la sortie de ce congré je me sens humble, j'ai besoin de douceur. Comme une leçon d'humilité qui viendrait me dire une fois encore et plus profondement que l'on ne peut pas faire de projet pour l'autre et qu'un accompagnement ne peut être qu'un cheminement au coté d'un autre pour lequel on ne peut pas vouloir autre chose, ni plus ni moins que ce qu'il veut soit même.

 

*Un ange est passé Christine Sagnier

 

 

*le deuil périnatal Marie-José Soubieux

 

 

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Published by Dame_Blanche - dans *la mort est un homme
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commentaires

dieudeschats 14/07/2012 21:18


Je voulais juste te dire : merci beaucoup pour tes derniers textes, dont celui-ci.

Dame_Blanche 15/07/2012 15:08



:)